Bogota : bienvenido en Colombia

La Colombie a une réputation sulfureuse et l’image que les médias nous renvoient est bien mauvaise. Ce pays nous évoque d’abord les enlèvements, la guérilla ou le traffic de drogue. Malgré cela, après avoir lu plusieurs articles de blogs à propos de la Colombie, j’ai décidé de ne pas laisser passer l’occasion de visiter ce pays dont les touristes disent finalement tant de bien.

Arrivé le mercredi 4 mai 2016 à Bogota, je reste quelques jours dans la capitale colombienne avant de débuter mon voyage à vélo sur le continent sud-américain.

Débarquant à l’aéroport en début d’après-midi, j’avais décidé de monter mon vélo et les sacoches à l’aéroport pour rejoindre l’appartement de Juliana situé en ville à une quizaine de kilomètres de l’aéroport. Si je ne suis pas étouffé par la chaleur, Bogota étant une ville à 2600 m d’altitude, il y fait à peine 20°C, en revanche, je suis asphyxié par la pollution des gaz d’échappement des véhicules ! La circulation est forte et les véhicules lourds sont présents en masse. Circuler à vélo n’est pas plus dangereux qu’ailleurs mais il faut avoir à l’esprit que les vélos ou les piétons ne sont pas prioritaires.

Je séjourne chez Juliana jusqu’au dimanche, cela me laisse le temps de récupérer du décalage horaire et de visiter Bogota. J’ai eu beaucoup de chance d’être hébergé par Juliana, d’une part parce qu’elle est sympathique et d’autre part, parce qu’elle parle parfaitement français. Cela nous a permis d’avoir des discussions à propos de Bogota et de la Colombie en particulier que je n’aurais pu comprendre en espagnol.

Depuis le quartier de Chapinero, j’ai rayonné tantôt vers le Parc Simon Bolivar, tantôt vers le quartier de la Candaleria (centre historique) puis celui de Usaquén. L’organisation des rues est différente de ce que je connais car les rues ne portent pas de noms mais un numéro et elles sont de deux types : carrera ou calle. Les carreras sont parallèles à la montagne et les calles sont perpendiculaires. Une adresse est donc du type calle 60 #8-30, ce qui signifie que c’est dans la calle 60 à côté de la carrera 8 au numéro 30. Au final, c’est simple et très pratique car quand on a une adresse, on sait rapidement dans quelle direction aller et si c’est plus ou moins loin. Les distances se mesurant en cuadros (d’une rue à l’autre).

Vue sur la ville depuis la Candaleria
Vue sur la ville depuis la Candaleria
Église Santa Barbara dans le quartier de Usaquén
Église Santa Barbara dans le quartier de Usaquén

À vrai dire, Bogota n’est pas vraiment une belle ville mais elle est très colorée et également assez verte avec un nombre important de parcs et surtout de très nombreux arbres un peu partout dans la ville, le climat équatorial aidant certainement. On trouve à tous les coins de rues ou presque des vendeurs ambulants qui vendent des fruits, des jus de fruit, des chips, des biscuits, des bonbons, de la nourriture en général mais également des minutes de téléphone. En effet, le coût des appels téléphoniques et SMS est relativement élevé par rapport à la data si bien que les gens trouvent leur compte à appeler depuis un  kiosque entre 100 et 200 pesos la minute. Pour ma part, j’ai simplement pris une carte SIM avec 2 Go de Data (pour 49 000 pesos soient environ 15€) pour notamment organiser mon itinéraire si je n’ai pas de Wifi et envoyer des messages par Internet puisque quasiment tout le monde utilise WhatsApp ici. Le principe des minutes de téléphone est simple, le vendeur dispose de quelques téléphones portables attachés à une chaine et on paye ce qu’on consomme.

Vendeuse de minutes de téléphone dans les rues de Bogota
Vendeuse de minutes de téléphone dans les rues de Bogota

En ce qui concerne les fruits et les jus de fruit, ils mériteraient un article à eux tous seuls car ils sont nombreux, variés et délicieux. Un verre de 25cl de jus d’orange pressé dans la rue coûte en général 2000 pesos (environ 60 centimes d’euros) et on peut aussi acheter des fruits découpés : ananas en tranche, papayes et pasthèques en morceaux et mangues sous forme de fils, ou tout simplement des salades de fruits. Les occasions de consommer des fruits ne manquent pas et je compte bien en profiter.

Vendeurs de fruits pendant la Ciclovia à Bogota
Vendeurs de fruits pendant la Ciclovia à Bogota

Il est vrai que la présence policière est très forte à Bogota et celles des agents de sécurité (gardiens dans des immeubles, des quartiers et centres commerciaux) est omniprésente. La plupart des immeubles et des résidences sont gardés par des agents de sécurité et il est parfois nécessaire de présenter une pièce d’identité pour rendre visite à quelqu’un. Je ne me suis pas vraiment senti menacé à Bogota mais pas suffisamment à l’aise pour garder mon appareil photo autour du coup, si bien que je n’ai pas pris beaucoup de photos. Plusieurs personnes m’ont recommandé de faire attention à commencer par Florence, une amie franco-colombienne de Juliana, qui m’expliquait qu’elle ne prenait pas le bus passé une certaine heure mais uniquement le taxi mais également un policier croisé en chemin et quelques personnes avec qui j’ai pu discuter. J’ai  plus ressenti un climat de vigilance que d’insécurité. Comme partout, certains quartiers sont plus glauques que d’autres et à quelques pas de la Candelaria, on trouve malheureusement des gens vivant dans la rue, victimes des ravages de la drogue.

La capitale colombienne compte de nombreux cyclistes et la ciclovia y est probablement pour quelque chose. C’est un événement qui a lieu tous les dimanches et jours fériés. Une partie des routes dans la ville est fermée aux voitures, bus ou camions et réservée aux cyclistes, piétons ou autre mobilité douce. La participation des habitants à la ciclovia est très importante et la ville met des moyens importants pour rendre les rues agréables aux utilisateurs : de nombreuses barrières et agents de signalisation aux carrefours, ateliers de réparation de cycles, infirmiers, vendeurs de jus de fruits ou artistes de rue jalonnent le parcours. Je suis resté à Bogota jusqu’au dimanche particulièrement pour cet événement dont Juliana m’avait dit beaucoup de bien. En effet, si je commençais à étouffer dans cette grande ville, la Ciclovia a été un grand bol d’air frais qui m’a réconcilié avec la ville et ses travers. L’ambiance est vraiment détendue et on sent bien que le dimanche n’est pas un jour comme les autres. J’ai d’ailleurs eu l’occasion de donner une petite interview à un correspondant local pour une chaine chinoise pour expliquer comment je ressentais l’événement, et j’avoue que j’ai été assez flaté. C’est donc sur une note positive que je quitte la Ciclovia et Bogota pour rejoindre le désert de la Tatacoa en direction du Sud.

Cyclistes et kiosques durant la Ciclovia à Bogota
Cyclistes et kiosques durant la Ciclovia à Bogota

 

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