La porte d’entrée au pays du sourire

C’est parti pour quelques mois de dépaysement

Dimanche 18 Septembre, nous sommes fin prêts et décollons de Paris vers la Thaïlande. Le trajet en avion, avec deux escales, me paraît interminable. Arrivés à l’aéroport de Phuket, notre porte d’entrée au pays du sourire, nous récupérons très vite l’ensemble de nos bagages. Nous devons nous rendre chez Aey, une Thaïlandaise membre du site Warmshower qui a accepté de nous héberger à notre arrivée. Elle habite dans le sud de l’île de Phuket et nous a conseillé de prendre la navette jusqu’à Phuket Town, d’y monter nos vélos et de terminer la douzaine de kilomètres restante en pédalant. Le plan nous semble plus que correct surtout après la nuit passée dans l’avion. La première difficulté est de trouver cette navette « officielle », on sait qu’elle est orange. Oui, parce que quand on sort de l’aéroport, plusieurs personnes nous proposent de nous emmener où l’on veut dans des sortes de gros breaks qui coûtent 10 fois plus cher que la navette. C’est vraiment tentant, à ce moment là, de céder et de monter avec la première personne qui nous interpelle. On ne lâche rien et on se dit qu’il doit bien être quelque part ce bus. Sur les indications d’un policier, on se rend à l’autre terminal avec tous nos cartons sur un chariot et en contournant par la route une zone de travaux. Une petite mission au bout de laquelle nous trouvons le bus orange. Les conducteurs sont très sympas, nous aident à mettre les cartons de vélos dans le bus et c’est parti pour une virée sur l’île de Phuket.

Anthony dans le bus pour Phuket Town
Anthony dans le bus pour Phuket Town

A la gare de bus, une petite foule de curieux est très vite attirée par notre atelier de montage de vélo. Ils se rapprochent très près, commentent entre eux, tournent autour de nous pour mieux voir ce que l’on fait. Au final, rien de méchant, de la simple curiosité comme on nous apprend à réprimer par chez nous.

Une hôte au petit soin

Aey, notre hôte, habite une petite maisonnette au milieu d’un jardin luxuriant à Panwa dans la pointe Sud de l’île. Son voisin n’étant pas là, elle nous propose de dormir dans sa maison, acollée à la sienne, plutôt que de planter la tente car c’est encore la saison des pluies. Nous sommes plus que bien accueillis et restons trois nuits chez elle. Cela nous permet de récupérer du voyage, surtout Anthony qui était encore en Amérique du Sud peu de jours auparavant. Nous visitons les alentours à pied notamment certaines plages ou encore un centre de soin de tortues blessées. Elles y sont en convalescence dans un bassin accessible près d’un sentier. Alors qu’on observe les tortues, Anthony sort son appareil photo et un bout de plastique censé protéger son objectif tombe dans le bassin des tortues ! Il ne manquerait plus qu’une tortue sur le chemin de la guérison meurt en mangeant ce bout de plastique ! Heureusement Anthony arrive à le récupérer, pas d’homicide involontaire de tortue aujourd’hui, je ne m’en serais pas remise…

C’est un vrai échange avec Aey, deux soirs de suite elle nous cuisine de succulents plats thaïlandais. Nous passons du temps à discuter sous le auvent devant sa maison. Elle est consultante en environnement et rédige des rapports comme sur la culture du riz ou l’impact de la plongée sous-marine en Thaïlande. C’est la première thaïlandaise qui nous déconseille de boire l’eau du robinet, gros sujet de discussion entre Anthony et moi, et son conseil n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde, enfin… Disons plutôt que son conseil est tombé dans la bonne. Nous échangeons sur nos cultures, nos destinations futures, nous en Asie et elle au Maroc et en Europe l’année prochaine. Tous les conseils sont bons à prendre, des deux côtés.

Anthony avec Aey et ses amis
Anthony avec Aey et ses amis

Nous prenons nos vélos, délestés de leurs bagages, pour nous balader dans Phuket Town. Cela nous permet d’en faire vite le tour. On les laisse plusieurs fois pour nous ravitailler au marché, rentrer dans quelques boutiques et surtout faire un tour au bureau de l’immigration pour allonger notre droit de séjour en Thaïlande. Être à vélo dans Phuket ne m’a pas paru dangereux, c’est un bordel plutôt bien organisé. Il y a beaucoup de scooters donc les voitures ont l’habitude de faire attention aux deux roues et ceux-ci ont l’habitude de faire attention à leurs congénères. Rien de plus sympa que d’observer les passagers des deux roues : ils sont 1, 2, 3 ou 4 sur l’engin, ils ont de 3 mois à 99 ans, parfois avec une chaise métallique comme siège pour enfant entre les jambes du conducteur, ils sont en tenues d’écoliers ou vêtements de ménagères. Ils surprennent à chaque fois mais ils ont une chose en commun, le non port du casque. Pour qui passe-t-on avec nos casques sur nos vélos?

Une famille à scooter
Une famille à scooter

Les premiers vrais coups de pédale

Après s’être relativement bien reposés, nous décidons de partir. On y serait bien resté dans son coin de verdure à deux pas d’une petite plage, certainement inconnue des touristes, mais il faut bien se lancer à un moment ou un autre. Au moment de partir, Aey me donne une fleur ramassée dans son jardin, me dit que c’est l’emblème de l’Indonésie et que ça porte chance. Nous la quittons et j’ai à peine fait 10 mètres dans la rue que mon vélo est secoué par le passage sur un trou, la fleur tombe… si ça ne veut pas dire que le mauvais œil est sur moi, je ne sais pas ce que c’est.

Les premiers kilomètres sont difficiles, je peine à pédaler, mon vélo me paraît peser une tonne. Il y a quelques montées, rien d’affolant mais ça me semble interminable, je ne sais pas comment je vais pouvoir faire 4 mois, ça me semble impossible. Même sur du plat, je traine. Le pire est qu’à chaque fois que je lève la tête pour regarder Anthony, il n’est pas en train de pédaler et pourtant je ne le rattrape jamais, déprimant… On s’arrête au bout de 8 km et je dis à Anthony que c’est trop dur, que je n’y arriverai pas, bla-bla-bla… Anthony, qui croit plus en moi que moi, ne fait pas de conclusion sur mes capacités physiques mais décide plutôt de faire une inspection technique de mon vélo. Premier point : la roue avant. Je soulève le vélo, il la fait tourner et elle ne fait qu’un tour et demi avant de s’arrêter, ce qui n’est pas normal. Il passe à la roue arrière et là : « Alexia ton pneu est quasi dégonflé, t’aurais du t’en apercevoir ». Non, je m’appercois juste que c’est dur moi. Au final on ne trouve même pas de trou dans la chambre à air, on regonfle et on verra bien plus tard. On bidouille un peu le serrage de la roue avant et c’est reparti. C’était un faux départ en fait, là ça roule bien mieux et ça me donne la pêche pour la suite, oubliés les « je n’y arriverai jamais », avec un vélo qui roule c’est mieux ! C’était seulement un petit tour du mauvais oeil, tout va mieux.

Notre première étape est tranquille et consiste à nous rendre à un port, au Nord de Phuket pour prendre un longtail boat. En effet, le Sud de la Thaïlande regorge d’îles paradisiaques mais nous tombons mal dans la saison pour les visiter. La mer est très trouble et les conditions pour la plongée ne sont pas terribles. Nous décidons donc sur les conseils d’Aey de visiter l’île de Yao Noi (« Koh » signifiant « île » en Thaï) qui a su conserver son charme et sa tranquilité.

Nous arrivons sans encombre à bon port malgré une averse. Je ne sais pas si le mot « averse » convient parce que c’est carrément un torrent de pluie diluvienne qu’on se prend sur la tronche, on est trempé jusqu’au bout des os, on ne voit plus rien. Ça fait partie du décor ici alors on subit sans broncher et l’avantage c’est qu’il ne fait pas froid, ni avant, ni pendant, ni après donc tout va bien. Nos vêtements finissent même par « presque » sécher. Presque car l’humidité de l’air est telle qu’on est tout le temps un peu moite en fait, vélo ou pas.

Quelques minutes après avoir été douchés par l’averse, notre premier déjeuner en dehors d’une zone touristique nous fait rapidement comprendre que nous devrons maîtriser quelques mots de thaï. En effet, lorsqu’on s’arrête dans un petit restaurant qui semble répondre à mes exigences sanitaires (dixit Anthony), la gérante ne parle pas un seul mot d’anglais et nous pas un seul mot de thaï. On essaye tant bien que mal de lui parler avec des gestes mais elle ne bronche pas. Nous allons donc voir un client pour lui demander le prix, puis faisons signe à la dame ce que nous voulons manger. Manque de vigilance, dès ma première bouchée, je me rends compte que le plat que j’ai pris est beaucoup trop épicé. Après cette mésaventure, on décide de se faire des listes des mots à apprendre qu’on accroche sur nos sacoches de guidon.

Koh Yao Noi

Nous attendons le bateau à un embarquadère où des singes peu farouches et chapardeurs sont présents. Nous n’avons pas l’habitude d’en voir d’aussi près alors nous passons un moment à les obersver.

Des singes chapardeurs !
Des singes chapardeurs !

Nous nous rendons sur l’île à bord d’un long tail boat, bateau traditionnel muni d’un long arbre-moteur avec une hélice à son bout. La traversée dure environ une heure au milieu de pitons rocheux impressionnants, culminants à plus d’une centaine de mètres et qui semblent être tombés du ciel pour se planter là au milieu de la mer. Nos vélos sont installés sur le dessus de la cabine et noués avec de petites cordes.

Nous prenons notre temps pour parcourir l’île à vélo et malgré sa taille relativement réduite, l’île ne manque pas d’attraits. En effet, elle propose aux visiteurs : plages de sable blanc, mangroves, rizières et montagnes. Beaucoup de petites îles aux alentours mériteraient le détour mais malheureusement nous n’en profitons pas car la météo n’est pas idéale pour ce genre de sortie. Le ciel reste nuageux et l’eau n’est pas transparente comme elle peut l’être à une autre saison. Néanmoins, nous avons apprécié l’île, ses paysages variés malgré sa petite taille et notre petit bungalow en face de la plage.

Tha Ao Po Pier
Tha Ao Po Pier

Si nous n’avons pas pu profiter de tous les trésors qu’offrait l’île et ses voisines, notamment la plongée, nous espérons pouvoir le faire sur des îles de la cote Est.

 

19 thoughts on “La porte d’entrée au pays du sourire

  1. Salut, votre blog me donne le sourire également, ça fait plaisir de vous voir, profitez. je vois Pascale prochainement pour le non anniversaire de M. Pescheux, je lui parlerai de ton souhait de filmer le chantier de Boulay les Troux. bisous les amoureux, on pense à vous.

    1. Salut Yann, on est content de voir que ça te plaise, merci pour ton commentaire. Souhaite un bon non-anniversaire à M.Pescheux pour nous et Anthony compte sur toi pour la promo du film Bises, Alexia et Anthony

  2. Ça c’est professionnalisé avec l’arrivée d’Alexia!…Sophie ne reviendra pas et vous? Pascale après avoir réceptionné Gometz vous attend pour Boulay les troux.
    On vous aime
    Alexis

    1. Salut Alexis,

      Ça nous fait toujours plaisir d’avoir un commentaire de ta part. La nouvelle de Sophie a du te chambouler pour que tu sois autant affectueux avec nous.
      On tente une reconversion dans la vente d’insectes caramélisés (spécialité mygale au chocolat) sur Kaosan Road mais si ça ne marche pas, on revient promis !
      On a effectivement amélioré nos vidéos et tu n’as pas encore vu la prochaine. Est-ce que tu penses que Pascale ferait appel à moi pour la réalisation d’un film de chantier pour Boulay Les Troux ? 🙂

  3. Bonjour,
    Ca fait plaisir d’avoir de vos nouvelles. Le décor a changé mais les images et les films sont toujours aussi beaux. Après la tonte d’Anthony, on voit que celui-ci à bien fondu après le périple en l’Amérique du Sud. Il a gagné au moins 2 livres ce qui est excellent quand on pédale.
    On a donc viré droite du globe, l’équipe technique s’est renforcée et vous avez investi sur du matériel high-tech. Dès votre premier article, ca envoie !! Le film est top ! le joujou à télécommander + le résultat… Comme lu plus haut, Anthony doit être content d’avoir emmené le drone. Anthony a l’air apaisé-serein sur les photos (pas assez de pente après l’amérique du sud ?).
    On a hâte de lire et voir la suite.
    Bises à tous les 2.

    1. Salut Cyril,

      C’est vrai que la Thaïlande me change pas mal de l’Amérique du Sud et de ses paysages grandioses. Le voyage à deux est quand même beaucoup plus sympa surtout que la communication est difficile avec les locaux.
      J’avoue que je suis content d’avoir emmené mon drone même si le nouveau modèle aurait été plus adapté (il est pliable et prend la place d’une bouteille d’eau…).
      On espère que tout se passe bien dans le Sud.

      À bientôt,

  4. Coucou !

    Rien à voir mais je tenais à vous féliciter (car nos ingés réa sont nos meilleurs commerciaux) : Boullay est gagné ! Merci à tous les 2 et profitez bien !

    1. Salut Florence,
      Merci pour l’info, Alexia me disait justement il y a deux semaines qu’elle aimerait avoir des nouvelles de ce projet.
      On va pouvoir pédaler sereinement maintenant !

  5. Coucou les amis !!
    Vos premiers pas en Asie ont l’air de bien se passe 🙂
    Les paysages sont très différents de l’Amerique du sud mais ça encoit du steack quand même !!!
    Antho je croyais tu allais allé en Thailande en velo direct. Pti joueur 😉

    La video est super aussi, mais vs avez emmené un drone avec vous !!!!!! Vs etes des grands malades 🙂 Attention aux militaites, antho souvient toi de la guinée !

    Bonne route !

    Pti conseil pour la bouffe dans les iles. Pad thaï sea food, vs serez jamais malades !! 😉

    1. Pour ma part, les paysages sont avant tout reposants. Les routes sont plates et peu fréquentées depuis que nous avons rejoint la mer, cela nous donne un sentiment de vacances :).
      Oui nous (je) avons un drone avec nous et cela prend pas mal de place et ça doit bien représenter le tiers du poids de mes bagages… Pour l’instant, je ne me prive pas pour le sortir mais je respecte certaines règles de sécurité. En tout cas, je suis tres satisfait des images réalisées alors je ne regrette pas de l’avoir emmené. Ah si je l’avais eu en Amérique du Sud…
      Pour la bouffe, on arrive toujours à s’en sortir (sauf un soir), c’est plus pour les hébergements que c’est compliqué.
      A bientôt,

      1. Vos aventures sont passionnantes et je les suis avec un grand intérêt . Courage pour la suite, et soyez prudents. Bonne chance …. j’attends la suite. Bises. Aline

  6. Ola!
    Le dépaysement doit être grand pour l’un comme pour l’autre!!! Il est marrant ton récit du mauvais œil Alexia! (T’inquiète ça doit être un truc féminin le défaitisme du départ! Après à la fin c’est nous les filles qui gardons le moral et motivons les troupes! :-p) Classe la petite carte à dédicacer sur votre passage!
    Les trèfles parlaient de vous rejoindre à Noël… vous connaissez votre programme? Puis sinon j’ai mis WhatsApp, on sait jamais… Bonne continuation! A plus!
    Olivia

    1. Coucou Olivia, contente de voir que tu restes une fidèle lectrice malgré le changement de continent. J’espère bien être celle qui motivera la troupe dans les coups durs! C’est vrai qu’Emeric et Loriane comptent venir à la fin de l’année et j’ai même entendu dire que c’était aussi une possibilité pour vous. On pourra se refaire un nouvel an raclette au Vietnam, pourquoi pas?! Pour Whatsap, c’est le geek de l’équipe qui va gérer, on a souvent internet donc c’est un bon moyen de communication. On prévoit de passer la frontière du Laos au Vietnam mi décembre (dans le nord). A bientôt

  7. Very good both, it looks really nice if not a little bit to much like hard work from me.

    Anthony on the Phuket Express bus, your face is priceless and Alexia flicking your hair on the boat reminds me of a 1980’s Rock video all in slow motion!!

    Hope you are both enjoying it and hope you actually take some time out to relax as well

    Matthew

    1. Hi Matt, happy that you liked pictures and video. Don’t worry we do have times off, relaxing in front of the sea..for the moment it is very flat, I enjoy it before mountains in the north of Vietnam !

  8. Hey! Hey! Enfin vous revoilà!
    Anthony a pris un sacré coup de tondeuse!
    Et c’est Alexia qui a pris la plume on dirait! Car les moments durs sont suivis de moments heureux 😉
    Alexia aurait bu de l’eau thaïlandaise??? Alors ça, je demande une vidéo où elle en boit une gorgée! Même une gorginette! Défi Alexia!
    Un vrai plaisir de vous lire, quotidiennement serait top!
    Amusez-vous bien!

    1. Coucou Mathilde, contente que ça te plaise. Le blog ça ne sera pas quotidiennement, ça prend du temps, je ne sais pas comment tu t’en sortais ! Et puis on n’aurait plus rien à raconter =)
      Pour l’eau, je ne bois pas celle du robinet car plusieurs thaïlandais nous ont déconseillé de le faire mais je bois celle servie au restaurant et même avec les glaçons car elle est bouillie paraît il. En tout cas, pas de problème pour le moment.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *